Les impressions sensorielles de l'enfant sont mises en lien avec des concepts, il passe du concret à l’abstraction.

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Le matériel

Le matériel de vie pratique

L’enfant est constamment dans le mouvement, il est conscient de son mouvement.
Il est curieux de tout, il est vraiment intéressé par les choses réelles, il imite les actes du quotidien.

Les activités proposées aux enfants dans l’aire de vie pratique sont des activités que nous, adultes, nous réalisons : soin de la personne, maintenir l’environnement dans de bonnes conditions (ménage, cuisine…), établir des relations sociales.

Les exercices de vie pratique sont des activités décontextualisées de la vie réelle. Elles permettent à l’enfant de prendre le temps de s’exercer en répétant des gestes séparément. Il peut tâtonner, s’entrainer, renverser, prendre le temps sans pression.

Tim lave du linge

En contrôlant ses gestes, l’enfant apprend à se contrôler lui-même et à structurer sa pensée comme il structure son activité. A partir de 2 ans environ, l’enfant s’exerce pour lui-même ; il fait pour faire et non pour le résultat.

Ces activités permettent à l’enfant de prendre confiance en lui en faisant des choses seul, avec du matériel adapté à sa taille et à sa force. Cela lui permet d’acquérir de l’autonomie dans sa vie quotidienne pour s’habiller, se servir de l’eau…

Vers 5/6 ans l’enfant revient aux exercices de vie pratique non pas seulement pour lui-même, mais pour les mettre au profit de la communauté, il lave les tables, fait la vaisselle, sert le gouter, nettoie le vestiaire…

Le matériel sensoriel

 

Le matériel est spécifique, avec des caractéristiques scientifiquement élaborées par Maria Montessori (dimensions, couleurs, formes, poids…).

On donne à l’enfant l’accès à une présentation globale pour découvrir le monde qui l’entoure, puis on affine au fur et à mesure. L'enfant explore son milieu : discriminer, trier, classer des formes, des couleurs, des odeurs, des dimensions… en utilisant tous ses sens.

L’origine des concepts que nous manipulons mentalement est dans notre corps. Nous travaillons avec l’enfant à associer les perceptions de ses sens avec le nom des concepts précis : pour distinguer long et court, l’enfant en aura fait l’expérience avec son corps en portant et en touchant les barres rouges qui font de 10 cm à 1m, par exemple.

Les enfants d’aujourd’hui vont devoir s’orienter dans un environnement complexe et rapide (écrans, stimulations très colorées et mobiles...)
Le matériel sensoriel ancre l’enfant dans l’ici et maintenant, pour l’aider à construire sa capacité à appréhender par la suite, tout ce que ses sens ne percevrons pas, mais qu’il pourra percevoir grâce à son imagination.

Sensoriel Montessori

Le travail du petit enfant de moins de 6 ans est de s’inscrire dans la réalité. L’éducation sensori-motrice permet la construction de l’intelligence (développement moteur et langage).

L’enfant qui arrive à l’école maternelle est déjà très expérimenté, il a déjà construit beaucoup de choses (marche, langage, activité de la main). Il est déjà psychiquement et physiquement développé. Il va maintenant cheminer du concret vers l’abstrait.

L’enfant, à travers la manipulation d’objets, a besoin de l’adulte pour donner du sens à ce qu’il vit, car les objets sont présentés dans le contexte humain qui leur donne du sens.
L’enfant connaît des objets de son quotidien, comme une table, mais il peut, grâce à son expérience, se créer une représentation de l’objet table qui lui sert de référence pour reconnaitre une table dans un environnement moins familier.

Le matériel de langage


L’enrichissement du vocabulaire, l’écriture, la lecture, la grammaire

Le langage est la communication de pensées et de sentiments à travers un système de signaux arbitraires (voix, symboles écrit, signes…). La construction du langage se fait naturellement par l’enfant : avec son esprit absorbant et ce qu’on lui propose il va acquérir la langue de manière aisée, et sans effort. Il absorbe les mots simples et ceux qui peuvent nous paraitre compliqués en tant qu’adulte. C’est à l’adulte d’aller dans le détail pour que l’enfant étoffe son vocabulaire.

L’écriture puis la lecture ne sont pas des activités humaines naturelles, ce sont des adaptations culturelles du langage oral.

L’écriture est un acte complet et complexe qui résulte de plusieurs facteurs à la fois. Il demande une dextérité manuelle et un processus intellectuel.

Lettres rugueuses

Le mécanisme moteur (tenir son crayon et le faire bouger sur une surface) est difficile pour un enfant. Avec le matériel Montessori, il apprend à écrire non pas en copiant des lignes, mais en travaillant sa motricité en amont, avec la vie pratique (visser, dévisser, transvaser, ouvrir et fermer…) et le sensoriel (cabinet de géométrie, coordination œil/main…).

La préparation intellectuelle consiste à discriminer les sons. Un mot est composé de plusieurs sons mis ensemble bout à bout. Plus l’enfant aura un langage oral varié, plus il aura de choses à dire à l’écrit.

On utilise les lettres cursives, car le mouvement est engagé ; la main voyage. Les lettres cursives permettent la fluidité alors que les scripts s’arrêtent brusquement.

Le symbole représente un son du langage oral. Pour écrire l’enfant doit être capable d’identifier des sons et d’y associer un symbole. C’est pourquoi nous travaillons avec le nom des sons et non pas le nom des lettres.

L’écriture est un processus d’analyse : on codifie.

La lecture c’est l’inverse. On décode, on identifie un symbole auquel on va attacher un son.

Il s’agit d’un processus de synthèse. Il vaut donc mieux savoir d’abord écrire avant de lire.

Dans un premier temps, l’enfant compose un mot, écrit, mais ne sait pas le lire tout de suite. Quand il aura le déclic d’essayer de re-décoder ce qu’il vient d’écrire, il entrera dans la lecture.

Lire c’est l’habileté de regarder les symboles écrits et de comprendre ce qu’ils signifient.

Le matériel de mathématiques

Les mathématiques ne sont pas que calculs et nombres, elles sont partout au quotidien. Toute manipulation du matériel demande précisions et exactitude. Les mathématiques sont l’organisation ordonnée d’informations précises et exactes.

L’esprit mathématique (Pascal parle de l’esprit de géométrie), c’est avoir une capacité de pensée ordonnée, logique et une vision ordonnée.

Qu’est-ce que compter ?

  • Se représenter le concept de l’unité. Etre capable de définir l’unité, qui va être représentée un certain nombre de fois dans un nombre.
  • Avant de mettre ensemble, d’associer, il faut faire abstraction de certaines caractéristiques et généraliser des objets unitaires de même nature.
  • La capacité à dénombrer.
  • Mettre dans l’ordre, faire la séquence dans un deuxième temps.
  • La démarche logique est de présenter les quantités, puis les symboles, puis l’association quantité/symboles.
  • On travaille dans le système décimal, on introduit la première numération du système décimal de 1 à 10.
  • On introduit la numération de position : la valeur du nombre dépend de sa position.
  • On organise en hiérarchie : unité, dizaine, centaine de 1er ordre, puis unité, dizaine, centaine de mille, etc…  On organise un nombre pour le rendre lisible, pour le déchiffrer.
  • Il faut encore comprendre qu’on dispose de 10 chiffres pour tout représenter. Il faut comprendre que dès qu’on dépasse 9 unités, il faut passer à la dizaine, c’est le principe dynamique du système décimal.
  • Il faut comprendre la notion du zéro : il vient signifier les unités absentes, et que zéro placé à la droite d’un nombre donne sa valeur.
  • Il faut comprendre le principe des opérations :
    Additionner : mettre ensemble.
    Soustraire : retirer, enlever.
    Multiplier : mettre ensemble plusieurs fois la même valeur.
    Diviser : partager en part égales.Système décimal
  • La mémoire : il faut mémoriser les combinaisons essentielles qui vont nous permettre de faire ensuite mentalement toutes les opérations. La répétition va permettre la mémorisation, et de se détacher du matériel.
  • L’abstraction : dans sa progression, le matériel va de plus en plus vers l’abstraction.

On commence les mathématiques vers l’âge théorique de 4 – 4 ans 1/2, si l’enfant est prêt. Pas trop tôt, car ce sont des concepts très difficiles, et il faut être dans un temps concomitant avec l’écriture et la lecture dont on aura besoin pour lire et écrire les symboles mathématiques.